Dance Soldiah Sound System

Written by on 11 octobre 2015

A partir du vendredi 3o octobre, les adeptes de musique reggae pourront se faire plaisir avec l’émission Unity Station sur Radio RapTz. Le crew Dance Soldiah vous mettra à la pointe des nouveautés reggae, dub, ragga, dancehall et soca. Selecta Niakwé membre du mythique sound system nous fait un portrait  de ce qui vous attend sur Unity Station.

Pourrais-tu nous présenter Unity Station et Dance Soldiah ?
Je suis Selecta Niakwé, selecta du sound system Dance Soldiah et on existe depuis 2003. J’étais aussi selecta du sound Jah Soldiah crée en 2000. On est composé de 5 membres; Il y a 2 chanteurs qui sont Ras Abel et Riflah, qui est également Mc. Et il y a Tonio High Powa (ingénieur du son, beat maker, operator) et Mr Green (2ème Operator du crew). Le reggae/dancehall, c’est notre nourriture spirituelle. Les amateurs de bonnes musiques auront droit à de la bonne vibe.

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Unity Station est très axée sur les nouveautés. On part du principe que pour faire avancer le mouvement, il faut regarder ce qui se fait actuellement et ce qui va arriver. On fouille partout pour trouver les nouveautés. On a une rubrique qui s’appelle «Le Talent De La Semaine» où l’on met en lumière un artiste. Un artiste nouveau, un artiste à venir ou un artiste confirmé qui n’est pas forcément très connu. On présente sa bio et on joue 4-5 titres. On a aussi une rubrique agenda de la semaine et un top 10 reggae dancehall. Tout le reste, ce sont des mixes avec toutes les nouveautés. Quand tu écoutes cette émission, tu sais à peu près tout ce qui est hot et ce qu’on aime.

FETE-DE-LA-MUSIQUE-Place-Aligre-ParisComment était la scène lorsque vous avez commencé ?
Le reggae était un milieu assez fermé et très underground. Parmi les premiers sounds systems, il y avait Stand Tall, Blues Party et Ragga Dub Force (entre autres) avec des groupes de reggae dancehall très connus comme Raggasonic, Daddy Nuttea, Daddy Yod. Tous ces artistes étaient déjà bien implantés et ils ont fait tout le travail. Le seul français qu’on voyait dans le reggae avant eux, c’était Tonton David.

On était la nouvelle génération après Guiding Star créé en 1997, Shadow Killa (1997), Soul Stéréo (1998) et Heartical (1999) qui sont très bien implantés dans le milieu et qui sont des amis. Ça a beaucoup évolué. Maintenant on le retrouve de plus en plus dans les clubs. C’est de moins en moins underground, mais la musique qu’y est jouée reste la même (Reggae Dancehall, Soca, Hip Hop). 

Je ne valide pas forcément tout ce qui se fait maintenant. Avec la mort du vinyle et l’arrivé de l’Internet, il y a énormément de productions et de musiques pré-mâchées. On met de plus en plus de vocodeur et on masque ainsi la voix que le chanteur n’a jamais vraiment eu. Maintenant tout le monde peut produire et ce n’est pas forcément de bonnes qualités. C’est fait à la va vite. Par contre, l’avantage est l’émergence de nombreux nouveaux artistes qui peuvent diffuser leur musique facilement, rapidement et internationalement.

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Est-il difficile de promouvoir le reggae à la radio ?
Oui malheureusement, il y en a très peu à la radio. Les sounds systèmes font office de média pour ce qui est du reggae/dancehall. Un des piliers pour nous à la radio, c’était Lord Zeljko dans les années 90. Il avait une émission sur Radio Nova le vendredi soir juste après la fameuse émission de Cut Killer Show à l’époque où il faisait ses mixtapes. Il n’était pas encore sur Skyrock. Pour moi, c’était l’âge d’or. C’était l’émission que tout le monde écoutait et que tout le monde respectait. Il allait en Jamaïque et il avait tous les nouveaux arrivages. Il avait le discours d’unité. Ensuite, c’est arrivé un peu plus tard dans les années 2000 avec Sean Paul, surtout pour le dancehall. Je donne ce nom parce que c’est celui qui a fait que les gens ont dit : «Ah ok, c’est Sean Paul. Il a réussit à intégrer les médias».  Également, il y a eu aussi des artistes comme Shabba Ranks et Shaggy dans les années 90. Ça reste des grosses têtes.

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Nous ce que l’on cautionne et qui nous inspire, ce sont des artistes comme Ninja Man, Beenie Man et Bounty Killer. Bount Killer a propagé la fusion ragga Hip-hop dans les années 90 grâce aux associations et aux featurings qu’il a fait avec les artistes dans le Hip-hop comme les Fugees et Mobb Deep, il a fait en sorte que ça reste underground. Beaucoup de gens ont connu le dancehall par Bounty Killer. Je pense aussi à KRS-One et aux featurings avec Mad Lion. Je pense aussi à Daddy Freddy.

Le mariage était donc presque inévitable ?
Exactement !  Là on parle de culture urbaine. C’était inévitable ! Le dancehall, ce que d’autres vont appeler le ragga, est réalisé sur des riddims dancehall et aussi sur des instrumentaux Hip-hop. Le mariage se fait à la perfection. C’est tellement évident. Il y a Clash-Hi-Fi-UKaussi beaucoup de fusions notamment avec l’électro en ce moment, ce qui a permis d’élargir le public. Les gens qui ne connaissaient pas Damian Marley par exemple, le connaisse maintenant parce qu’il y a eu cette fusion, notamment le morceau « Make It Bun » avec Srillex ou avec Major Lazer et Busy Signal.

Pour moi la base de tout, c’est le reggae roots des années 60, 70 et 80, où là Bob Marley a fait le gros du travail. Pour moi c’est la première étape. Il n’a pas inventé le reggae. L’un des premiers est Toots And The Maytals. C’est lui qui a inventé le nom reggae. Le reggae vient du calypso et du mento à la base, ensuite il y a eu le ska. Ensuite est arrivé le reggae.

Donc à chaque mouvement, un nouveau public s’y rattache ?
Je pense que oui et que ça va grossir de plus en plus. Malheureusement, au niveau des médias on n’est pas forcément aidé. Il y a beaucoup d’idées reçues sur le reggae et le dancehall. Notamment sur le cannabis. On dit reggae = rasta = cannabis… et ça fait peur.

Pourtant cette image est très présente dans le rap et c’est la musique la plus commercialisée. Pourquoi est-ce que le reggae a droit à un traitement différent ?
C’est une très bonne question. Là, je n’arrive pas à trouver une explication. Tu as tout dit. Exemple premier qui me vient à l’idée, c’est Dr. Dre aux États-Unis qui met une feuille de cannabis sur son album et il est joué partout. Et pourquoi en reggae ça ne marche pas ? J’ai toujours pas la réponse.

Un mot pour l’auditoire ?
C’est avec un énorme plaisir qu’on pourra diffuser Unity Station sur Radio RapTz. C’est une émission pour les gens qui apprécient le reggae et le dancehall, et pour ceux qui veulent les découvrir. Le Hip-hop et le reggae sont deux disciples qui sont liés éternellement. Peace !

DANCE SOLDIAH

Unity Station !

Reggae/dancehall sur Radio RapTz

Réalisé par le sound system Dance Soldiah

Tous les vendredis de 22h à minuit
et en rediffusion les dimanches de 14h à 16h
à partir du 30 octobre 2015

www.dancesoldiah.com


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