Festival Graff-ik’Art

Written by on 7 janvier 2016

Monter un festival n’est déjà pas quelque chose de tout repos. Alors, imaginez un festival Hip-hop dont le graffiti est son cœur d’action. Faisant face aux coupures de subvention et au blocages politiques, le festival Graff-ik’Art, porté par FEDEVO, n’a pas lâché sa ligne de mire : démocratiser, partager et transmettre le graffiti auprès d’un large public. Pour toutes ces raisons, Raptz a souhaité comprendre les péripéties de cet évènement passé en septembre 2015 à Lyon. Entretien avec Ruddy Moradel, président et fondateur.

Peux-tu tout d’abord nous présenter le projet Graff-ik’Art et le concours ?
Graff-ik’Art est un projet en trois parties qui a pour but de démocratiser le street art. C’est un concours qui a lieu en début d’année et qui permet de découvrir de nouveaux artistes, en leur offrant de la visibilité avec des expositions dans des lieux mis à disposition par des partenaires.

Il y a aussi le festival qui a lieu en général en septembre, porté par la Fédération Régionale du Hip-hop et des cultures urbaines, dite FEDEVO. C’est une structure née en 2010, dont le but est de fédérer des associations, des acteurs dans le Hip-hop et de travailler sur la transmission. Nos actions ont souvent lieu dans les quartiers défavorisés.

Puis durant toute l’année, nous menons des actions au sein des quartiers défavorisés sous forme d’ateliers, de stages ou de projets socio­éducatifs à travers lesquels on peut transmettre le graffiti à différents publics. On essaie aussi de croiser les publics pour qu’ils puissent se rencontrer et échanger. On est vraiment dans une démarche de transmission, de création artistique et de formation.

« Le but était d’organiser une conférence où on reprenait le côté discrimination et les images retenues durant le festival »

Graff-ik-art

Organiser un festival de ce type n’est pas de tout repos. Quel est le plus grand défi ?
Le défi est de ramener le graffiti dans des lieux inattendus, alternatifs ou des lieux, apriori, interdits. Pour le premier Graff-ik’Art, on avait eu une rencontre avec le Président du Tribunal de Grande Instance de Lyon. Le tribunal était intéressé par le street art et nous avait permis de faire une expo dans la cafétéria des Magistrats. Le but était d’avancer là-dessus car finalement beaucoup de nos artistes étaient des vandales ou des ex-vandales. Exposer leurs arts auprès des Magistrats était aussi une manière de démocratiser les choses pour nous car finalement, ils ont reconnu qu’il y avait des artistes de talents et que, c’était dommage qu’on se rejoigne toujours dans les salles de jugement pour donner des amendes. Du coup, ça avait permis de faire un premier festival pendant 15 jours sans avoir d’accrochage avec les flics, sans avoir personne qui nous empêchaient de peindre.

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Au début, c’était un peu compliqué de dire que nous voulions monter un festival et avoir des financements pour faire du graffiti sur les murs de la ville.

Ça moins bien été en 2015…  Que s’est-il passé ?
Pour faire simple, on a eu un premier chantier qui a été déplacé car il y a quelqu’un qui, politiquement, n’était pas d’accord avec l’action. Il l’a découvert au moment où on commençait à promouvoir l’évènement. Cette personne ne voulait pas forcément l’interdire, mais elle aurait aimée intégrer son association, qui travaille dans la mise en place de projets culturels, dans le projet. N’étant pas dans le projet, elle a manifesté politiquement son refus du fait que ça se fasse sans sa participation. On a donc dû déplacer tout une jam session prévue avec une quarantaine d’artistes dans une autre ville et dans un autre quartier. Ça nous a pas mal décalé du live painting et on a dû annuler des artistes qui n’étaient plus disponibles aux nouvelles dates. C’est vrai que ça a été la course au dernier moment, car la personne s’est manifestée dix jours avant le festival. On a dû changer nos plans.

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