Genre et Ville: Elles ne sont pas Sages !

Written by on 8 mars 2016

Dans le cadre de la journée du 8 mars, qui nous rappelle les droits des Femmes, Rosa Park faisait le mur en permettant l’expression de chacune sur le mur qui lui est dédiée, rue d’Aubervilliers. Graffiti et féminisme a été notre porte d’entrée. « Genre Et Ville » a permis de l’expliciter. Problématiser le genre au territoire par des recherches-actions, comme par le biais de l’Arctivisme ou du Street Art, voilà leur cœur de leurs réflexions. Des actions qui n’ont pas peur de détourner pour sensibiliser. Chris Blache, socio-ethnologue et militante féministe nous explique.

Genre Et Ville ?
On se définit comme une plate-forme de recherche et d’actions. C’est une association qui croise plusieurs disciplines qui sont l’urbanisme, la socio-ethno (travail en profondeur sur le terrain) et l’art. On travaille sur les Profil-genre-et-villequestions des inégalités des genres dans l’espace public, ce qui dépasse la question des inégalités Femmes-Hommes. On observe la visibilité et la place de chacune et de chacun dans l’espace public, les relations entre les gens, dans les groupes (on travaille aussi sur les questions LGBT). D’une certaine manière, on travaille sur l’histoire.

En quoi le Street Art vient jouer un rôle là dedans ?
L’art est un outil de passage, d’investigation, de transmission et d’échange. On a toujours utilisé l’art. On a commencé par des expos et on a même créé un collectif appellé C’est Beau Le Pouvoir qui fait de l’art « Arctiviste ». C’est entre l’art et l’activisme. Le Street Art à ce titre nous intéresse beaucoup. On l’a étudié dans un premier temps comme quelque chose de masculin. Jusqu’à maintenant on voit surtout des graffeurs. Où étaient les Femmes dans tout ça ? On avait commencé à repérer quelques graffeuses comme Kashink par exemple, et puis on a rencontré l’association GFR qui a monté le projet Rosa Park Fait Le Mur. Ce qui nous a demandé de travailler sur quelques points comme :  Qu’est-ce que l’art dans l’espace public ?

Rosa Park

Pour nous l’art urbain est la première manifestation de la vie dans l’espace. C’est une reprise des murs, des trottoirs et du mobilier. C’est du vivant. Et nous, sur notre travail sur l’égalité, on travaille beaucoup sur le vivant. A travers les politiques urbaines et gouvernementales, beaucoup de choses stérilisent l’espace public. On a tendance à nettoyer, éradiquer, fermer et bloquer. Nous, on cherche à ramener le vivant. Donc évidemment, le Street Art dans tout ça, était pour nous une source très lumineuse de l’action.

Vous avez dû solliciter beaucoup de graffeuses pour rejoindre le mouvement ou là aussi, il y a une sensibilisation à faire ? Du style : vous aussi vous pouvez graffer ?
C’est vrai que le Street Art est lié à ces arts de rue qui sont très masculins. La rue étant par essence très masculine. De fait, le Street Art est associé à ces transgressions dans la prise d’espace, et les femmes on leur a appris bien sagement à ne pas transgresser.

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MÊME PAS PEUR! de Chris Blache

Outre de rencontrer et d’assembler des graffeuses, nous organisons également des ateliers comme par exemple Même pas peur ! qui part du même constat : l’espace public est dangereux pour Elles. Et on part du principe que c’est faux. On parle souvent d’agressions physiques dans l’espace public, hors la majorité des agressions physiques violentes se passent dans l’espace privé. On a donc dit : Même pas peur ! pour coller ce slogan dans des livres et des journaux, pour aller ensuite taguer l’espace publique et réaliser cette transgression.

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