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LaCraps, Mani Deïz, 42g plus tard…

Lacraps - RapTz.com

Disponible depuis janvier en indé, LaCraps et Mani Deïz lâchent leur galette en bacs. Avec une union pesant pas moins de 42 grammes, le duo surpasse toutes attentes. Un beatmaker pour la direction musicale sur la globalité du projet et un Mc qui pose sur des prods faits sur mesure pour son flow. Quoi de demander de plus ? Rencontre avec LaCraps.

Depuis la sortie de « 42 Grammes », tu en es où ? Comment ça se passe pour vous ?
Tout se passe bien. On est heureux du résultat et des retours. On avait sorti 42 Grammes en indé sans l’aide de personne et là il sort le 1er avril en bacs. Tous les exemplaires qu’on a fait nous même sans la distribution se sont bien écoulés. On est pas mal content, on verra ce que ça va donner en bacs. On a aussi pas mal de dates pour des concerts. Il y a une quinzaine de dates de prévues et Il y a quelques autres qui vont être rajoutées bientôt.

Peut-on dire que « 42 Grammes » est un projet intimiste ?
Oui c’est un album très perso. C’est tout ce que j’ai voulu exprimer et véhiculer. C’est mon de point de vue sur la société. C’est vrai que ce projet parait pessimiste. Il y a beaucoup de gens qui disent ça. Ce sont des sons de dépressifs, mais les gens kiffent ça. C’est ce que je ressens, c’est comme ça pour le moment. Je ne vois pas autre chose, c’est ça qui sort. Peut-être qu’à terme il y aura d’autres thèmes qui sortiront, mais pour l’instant c’est comme ça.

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Le fait que je mette ça sur papier, ça peut paraître plus exacerbé, mais c’est un peu les mêmes problèmes que tout le monde ou le même point de vue que tout le monde peut avoir. C’est aux auditeurs de se faire un avis. C’est dur répondre et autant que pour la personne qui a créé le truc et de le définir.

Tu as toujours du mal à t’écouter ?
J’adore kicker et d’être sur scène, mais j’aime pas m’écouter. C’est comme toi qui va réécouter ton interview plusieurs fois pour le réécrire, après tu n’as plus envie. Tu l’as fait, c’est ta voix. C’est pas du tout pareil comme l’auditeur. Avec un autre artiste, ça ne fera pas ça. Je l’ai vécu, je l’ai entendu et je l’ai revécu. Poser en studio, master, mix… c’est super long comme procédé. une fois que le son est sorti, j’ai plus trop envie de l’écouter mais le faire vivre sur scène c’est complètement autre chose. C’est ça le but.

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« On fait du son, mais c’est l’image qui prime en 2016. Paradoxe de malade ! »

L’alliance avec Mani, un passage unique ou plus de collaborations à venir ?
Franchement, on a l’intention de faire d’autres collaborations. Mais de là à refaire un projet en entier, je ne sais pas. Pourquoi pas ? Je sais qu’il sera sur mon album c’est sûr. Il y a des prods sur lesquel je travaille pour mon prochain projet, mais on verra.  Dans tous les cas, ça tue. J’ai kiffé faire 42 Grammes avec un seul beatmaker. Ça fait travailler différemment.

A quel niveau ?
Ça amène une couleur au projet total. Rien qu’au niveau des instrus, il y a juste une seule et même couleur sur ce projet. Ça amène une cohésion au truc. Sur un album ça peut être souvent décousu. Une prod de ce style, une de LaCraps + Manil’autre. On a tout fait ensemble. Quelque chose que je ne faisais pas forcément avant. On s’est vraiment concerté sur tout. Là c’est vraiment un truc assez centré, un univers, une âme.

Quelle est cette âme ?
Elle est dur cette question. Je n’en sais rien. Disons tout simplement qu’il a été enregistré en plein kiff.

Tu as senti de la pression pour ce projet suite au succès de   « Machine A Écrire » ?
Non. Je ne sais pas comment expliquer ça. Je sais que mes sons tournent plus qu’avant, mais je ne le vis pas différemment. A part qu’on a des dates tous les weekends, et ça c’est un pur kiff. C’est pour ça que je fais du son. J’ai envie de voir les gens et de partager le truc. Après le processus reste le même. On a toujours le même studio, on se débrouille tout seul. Les clips, je les fais presque tous moi-même habituellement avec un collègue qui filme et je fais les montages par la suite. Donc non, il n’y a pas eu de réelle pression pour ce projet là. J’avais juste envie de bien faire. J’avais hâte que ça sorte plus qu’autre chose. Il y a de plus en plus de gens qui nous suivent, je ne veux pas les décevoir.

Ce projet t’a poussé à changer ton approche par rapport au live ?
Oui effectivement, il y a quelques sons qu’on a plus travaillé pour le live « Comme Rien A Perdre », « Sous Pression » et  « Tracklist » aussi. Vu qu’on tourne un peu plus, forcément j’essaye de faire des sons qui sont entre guillemets plus adaptés pour la scène. Mais je ne ferai pas un album en me disant : « Ouais il faut que je le fasse pour la scène ». Je ne me mets pas vraiment de barrière. Je fais juste de la zik.

laCraps Live

 

Est-ce que tu te considères dans le Rapgame ?
Non, je ne crois pas. C’est vrai que tout le monde me dit ça en ce moment, surement parce que j’ai un buzz ascendant comme ils disent. Mais je ne crois pas. Il y a encore plein de gens qui ne nous connaissent pas encore (Laclassique) et qui vont nous découvrir. Ce serait un peu hautain de me la péter, de dire que je fais parti du Game. Est-ce que j’en ai vraiment envie ? Ça c’est autre chose.

Tu en as envie ?
Non. Pas réellement. Si c’est ça le Game que l’on voit, le délire de se clasher sur les réseaux sociaux : non ! Si j’avais le choix, je ne ferais pas de vidéo. On fait du son, mais c’est l’image qui prime en 2016. Paradoxe de malade ! Je ne veux pas me montrer juste pour me montrer. C’est ça le problème dans la musique. Tout le monde veut se montrer juste pour se montrer. C’est dommage. Les gens veulent de l’image, c’est l’époque.

Big Up à tous ceux qui nous suivent et merci !

LaCraps X Mani Deïz

42 GRAMMES

cover

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