Les Tontons Flingueurs Connection

Written by on 20 septembre 2015

Loin d’être des thugs, rien n’empêche aux Tontons Flingueurs de dégainer des rafales de lyrics. Héritiers d’un rap old school, ces gavroches des quartiers nord de Paname s’imposent tranquillement dans le paysage. Dans la cacophonie et la bonne humeur, LTF se livre. Rires et chaos à toutes les fins de phrases pour partager avec passion et sérieux leurs projets communs !!

le collectif existe depuis seulement 2 ans, comment expliquez-vous ce buzz ?
Yung Dawala : On s’est rencontré lors d’un projet radio programmé par Lu’Cid. Suite à cette LDA9Q VOLUME Irencontre, une fois que l’on s’est tous retrouvé, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. Dès qu’on a formé le crew, on a commencé à sortir des morceaux en vue d’une mixtape; un projet pour annoncer ce que l’on venait de créer. LDA9Q Volume I est né.

Lpee : Tout est allé très vite. On a vu que même lorsqu’on sortait des morceaux inédits, les gens suivaient. Du coup on a continué, on a bossé, on n’a pas arrêté de sortir des exclus. Puis le premier projet est arrivé avec de très bon retours. On était assez content et on a lancé la promo pour le volume 2 avec un nouveau projet pour après.

M le Maudit : Des évènements majeurs ont aussi joué à ce que les choses se passent bien. Comme par exemple, le fait qu’on est fait plusieurs scènes sur Paris comme le New Morning, le Backstage et le Bataclan. Ça nous a donné une mini exposition. Et on a sortie des clips comme ça et certains ont très bien marché.

Êtes-vous surpris de tout ça après seulement 2 ans ?
So Clock : Complètement ! On sait que la scène qui bouge le plus en ce moment n’est pas nécessairement une scène old school ou qui est basée sur des beats à l’ancienne. On a essayé de reprendre ces concepts là, ces influences là. On est très content que ça marche, on n’est pas le poisson mort qui suit le courant.

«On ne s’attendait pas à ce que ça réussisse, mais on a toujours fait le truc sérieux quoi qui se passe»

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Moken : Franchement, je n’étais pas prêt pour que ça marche comme ça. Quand on était encore au lycée, on avait fait un concert au Quai Jemmapes et il y avait déjà beaucoup de monde qui était là. Pour un début, j’ai trouvé ça trop bien et on n’a pas arrêté.

Lasco : On ne s’attendait pas à ce que ça réussisse, mais on a toujours fait le truc sérieux quoi qui se passe. Que ça marche ou pas, on aurait fait le même truc. Notre délire c’est le freestyle et d’écrire ensemble. On a fait attention à faire le meilleur travail possible.  On serait des mythos si on disait que tout avait été fait à l’arrache. En vrai, on a fait le truc carré.

Derka : C’est l’attitude. On s’amuse comme des fous, mais aussi on bosse sérieusement. On veut embarquer les gens dans notre délire et on travaille fort pour ça.

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M le Maudit : Également, si on consulte les Rap Genius et tout ça, on voit clairement que l’on se consacre vraiment sur les textes et sur la technique.

So Clock : On s’influence aussi entre nous. Quand on fait un texte, on pense aux trucs qui vont faire kiffer les potos, les placements, et des fois on se fait gifler par les mecs de notre propre groupe et ça nous fait évoluer.

S-cap : Pour valider ce qui vient de se dire, dès qu’on commence à freestyler des nouveaux textes et «boom» ! Une claque par un des mcs et ça change. C’est ça qui est bien. Et souvent ce qui se dit à la fin des concerts par les amis et la famille, c’est que nos concerts sont énergiques et très explosifs.

Avec autant de membres, comment faites-vous pour garder une cohésion artistique ?
Lesram : Nous avons une très bonne alchimie dans le groupe. Quand on se retrouve au studio tous ensemble, LTF - raptz.comon a beau écrire chacun de notre côté sans savoir ce qu’a écrit l’un ou l’autre, on arrive à emboiter toutes les briques et à trouver le juste milieu.

Rivalité de quartier au sein du groupe ?
Derka : Des fois mais c’est vraiment pour s’amuser. On n’est pas du tout des mecs de cités. On a tous grandit dans une cité ou à peu près. Mais en vérité, on ne se prétend pas gangsters parce qu’on n’est pas des gangsters. On ne veut pas s’inventer une vie. On ne se s’invente rien du tout. On représente chacun notre quartier parce qu’on a vécu là, on a grandit là. C’est tout !

Lasco : Il n’y a pas de clan. On est entre potos. La seule vraie rivalité qu’il y a, c’est au niveau des textes. Ça arrive parfois que j’écoute les textes d’un autre et je me dis «Wow !», et je me dis que mon dernier texte pu sa mère comparé à son texte.  Je vais entrer chez moi et je vais bosser jusqu’à ce que je puisse leur présenter un 16 que je juge correcte. Je ne vais pas dormir et je vais continuer à gratter. C’est ce qui nous traine vers le haut.

C’est donc une école bourrée d’apprentissages ?
S-Cap : Pour moi c’est la meilleure école. Étant arrivé le dernier dans le groupe, j’ai plus appris en quelques mois qu’en 3 ans. Sincèrement, je pense ouvrir une école du rap quand j’aurai percé (rires).

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Est-ce que comme Wu-Tang, vous envisagez des projets solos ?
M le Maudit :  C’est exactement ça. M le Maudit va finir comme ODB ; d’une overdose et sans un sous (rires). En fait, on se consacre vraiment à tout faire avec LTF parce que la force de frappe est commune et a plus de d’impact. Là, pour l’instant, on va sortir un 2e projet LTF et suite à ça, il y aura nos projets solos.

Lpee : Pour moi, c’est plus qu’un Wu-Tang. Si je prends le modèle français, on est plus parti pour faire un modèle à la Sexion d’Assaut. C’était une bande de kickers, ils étaient 15 au début et nous c’est un peu pareil. C’était un peu flou au début, mais le truc se précise un peu, s’organise mieux. Je pense que nous allons continuer à faire des projets tous ensemble, qu’on ne s’arrêtera jamais. Mais oui il y aura des projets solos.

Pour qui rappez-vous ?
M le Maudit : Pour les vrais O.G.
Moken : Pour mes potes.
Derka : Je fais du rap parce que j’ai croisé une meuf qui kiffe le rap et depuis je fais du rap.
Lasco : Je rappe pour moi.
So Clock : Je rappe pour tout le monde. Derka : Pour Jean-Marie Le Pen aussi ? (rires)
S-cap : Je rappe parce que c’est bien !
Dj Peyo : Je suis le dj, je ne rappe pas. (rires)
Lesram : Pour toute la famille, l’entourage et tout ceux qui nous suivent.
Yung Dawala : Moi non plus je ne rappe pas, je m’occupe de tout ce qui est de l’organisation du collectif.

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