Nix et l’Art de Vivre

Written by on 1 septembre 2016

Au terme de 5 ans d’attente, Nix lance un nouvel album fin septembre intitulé l’Art De Vivre. Considéré comme l’une des valeurs sûres du rap Sénégal, il compte 4 albums et plusieurs participations sur des mixtapes à son actif. Commencé depuis 2011, Il a eu les inspirations pour son nouveau projet à travers ses nombreux voyages. De passage à Paris, RapTz rencontre !

Qu’est-ce qui t’emmène sur Paris ?
Je suis ici pour préparer un projet, un album en occurrence. Un album qui sortira le 30 septembre prochain. Ce sera mon premier projet à l’international. Je suis là pour boucler tout ce qui est promotion, préparer les clips à tourner et tout ça. Le projet est déjà enregistré, mixé et masterisé.

Peux-tu nous parler de ce futur album ?
Le titre est « L’Art de Vivre ». C’est un album que j’ai enregistré dans la durée, parce que j’ai commencé à le nix_11travailler en 2012. J’ai pris mon temps. Je faisais des morceaux, je gardais, je ne gardais pas, etc. J’ai enregistré entre-temps une mixtape de 18 titres qui est sortie mi-2012. Ensuite, j’ai continué à rebosser sur l’album. Il a donc eu plusieurs phases. Pourquoi ça a pris du temps ? C’est parce qu’on a dû se concentrer sur d’autres projets. Je suis aussi dans l’audiovisuel à Dakar. Donc, on avait des projets à ce niveau-là également. Il y a eu aussi un Ep en Wolof en début d’année. Maintenant, on est prêt à sortir cet album.

Quel sera le premier titre ?
Il y a 2 vidéos qui vont sortir. Le premier est « Au Feeling » en feat. Avec un artiste sénégalais appelé Mao Sidibe, qui est aussi le compositeur du morceau. Le deuxième single, qui va suivre avant la sortie de l’album, est un morceau qui s’intitule « Air Afrique ».

Projet autobiographique ?
Oui. Je parle de ma carrière, de ma vie en quelque sorte et des choses que j’ai vécues à travers d’autres personnes. J’ai croisé des gens qui m’ont raconté des histoires à travers des voyages aux États-Unis, en France et en Afrique. Et parfois, ce sont ces histoires qui te ramènent à la condition des Africains qui vivent à l’étranger. Ça m’a inspiré sur certains thèmes. Alors voilà, l’album s’est construit comme ça. J’ai beaucoup voyagé. J’ai pris mon temps.

Tu as commencé il y a presque 20 ans. Quel est le constat de ces 20 dernières années du Africain et dans ta carrière ?
J’ai beaucoup appris et acquis beaucoup d’expériences. Je n’ai jamais quitté le milieu de la musique en 20 ans. Pour ce qui est du rap africain, il a beaucoup évolué. On a réussi à créer un style musical qui est du Hip-hop et des rythmes africains. C’est une bonne chose, l’Afrique est en train d’écrire une nouvelle page de la musique urbaine. J’ai connu différentes phases, dont la genèse. À l’époque, il y avait les premiers groupes comme Positive Black Soul. C’est le premier groupe qui a émergé en dehors de l’Afrique. Ils ont fait le tour du monde. Ils nous ont beaucoup inspirés. J’ai eu la chance de vivre cette époque-là, de gagner en expérience et de sortir mon premier projet solo en 2003. Après la période PBS, ça a été plus difficile de s’imposer sur la scène internationale.

C’est si important que ça de s’imposer sur la scène intl ?
En Afrique, il n’y a pas vraiment de marché. C’est-à-dire que c’est seulement qu’aujourd’hui que certains pays essayent de se structurer avec des plates-formes de téléchargement adaptées au marché local. Tu es connu un peu parce que ta musique tourne. Tu fais des concerts mais, en termes de vente, c’est compliqué. C’est l’anarchie, ce n’est pas vraiment structuré. Donc c’est clair que, pour les artistes, c’est toujours un accomplissement de pouvoir se vendre à l’international.

Et toi ? Comment as-tu donc réussi à accéder au niveau intl ?
Grâce à l’Internet. Mon premier projet solo a pas mal tourné en Afrique francophone. Je n’ai jamais touché un rond de vente de disques en Afrique. C’était des bootlegs. Les gens l’ont copié et l’ont fait tourner dans leurs réseaux. Et les diasporas à l’étranger ont également fait tourner le projet. C’est ce qui m’a permis de faire mon premier concert à Paris en 2011. Pour nous aujourd’hui, on souhaiterait transformer tout ça en vente ou tourner plus.

Tu as souvent été critiqué par les édias sénégalais à cause de ton style. Est-ce que le rap africain doit être absolument militant ? Es-tu d’accord avec ça ?
Non ! Je ne suis pas d’accord. En fait, pour moi, l’art est libre et sera toujours libre. C’est-à-dire que j’ai autant de respect pour les artistes militants que pour d’autres artistes qui ont choisi d’autres voies et qui le font bien. L’art est personnel.

J’ai un côté militant, c’est clair. Dans mes albums, j’ai des morceaux où je milite pour l’Afrique mais je ne pourrai pas en faire mon discours de tous les jours. J’ai plusieurs facettes. Je suis quelqu’un qui aime sortir, qui aime faire la fête. M’enfermer dans un créneau serait un frein à mon art.

C’est plus naturel pour toi de rapper en français ?
En fait, j’ai pris très tôt l’habitude de le faire. Je parlais tout le temps en français à la maison. C’est ma grand-mère qui m’a élevé et elle était prof de français. Donc c’était facile pour moi, j’ai vite pris le pli. Jusqu’à ce que je sorte mon projet en Wolof, je pensais que c’était plus facile pour moi d’écrire en français, mais non. C’est tout aussi facile. J’ai plus de vocabulaire en français, mais j’ai quand même le vocabulaire qu’il faut pour rapper en Wolof.

nix_1Donc, si tu rappais qu’en Wolof, tu serais moins sujet à la critique ?
C’est certain. C’est un truc sénégalais. (Rires)

Sur ce projet, il y aura des morceaux en Wolof ?
Non, il sera uniquement en français, mais j’ai un projet en Wolof qui va sortir d’ici la fin de l’année.

Nix 3Tu as déjà déclaré que tu avais pris l’avion que pour la musique. C’est toujours le cas ?
(Rires.) Jusqu’à présent, j’ai toujours pris l’avion que pour la musique. Je sais, c’est rigolo. J’aimerais bien un jour prendre l’avion juste pour aller en vacances, mais ce n’est pas possible pour l’instant. Mais la musique m’a permis de beaucoup voyager, donc tant mieux.

Quelle a été la découverte la plus importante pour toi ?
Il y a beaucoup de découvertes qui m’ont marqué. Mais ces dernières années, celle qui m’a le plus marqué, sans vouloir faire le « Pro Black », j’étais à New York et j’ai vu des gars expliquer que les Noirs avaient inventé tellement de choses mais que malheureusement, beaucoup de gens ne le savent pas. Donc je m’y suis intéressé et ils m’ont vendu une affiche avec toutes les inventions faites par les Noirs. Il y avait leurs photos, ce qu’ils ont inventé avec les brevets. J’ai trouvé ça incroyable. Il y en a tellement comme le beurre de cacahuète, les feux de circulation, l’ascenseur, la machine à opérer le cœur, le téléphone portable… Ça m’a donné du courage. En Afrique, on dit toujours que le Blanc est fort, alors que, pour moi, c’est l’Homme qui est fort. Qu’il soit blanc, noir, indien, chinois qu’importe, on a tous contribué à l’avancement de l’humanité. Merci !


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